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Me Andrée-Claude Bérubé, avocate spécialisée dans le domaine de l’industrie minière PDF Imprimer Envoyer
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Dimanche, 13 Décembre 2015 06:32
ACBerube1) Comment vous êtes-vous tournée vers la pratique du droit à l'étranger ?

J’ai toujours été fascinée par les gens ayant une carrière internationale. A l’université, je me suis inscrite au programme national (baccalauréat en droit civil et en droit commun) de McGill afin de m’ouvrir le plus de portes. Après avoir complété l’École du Barreau et avant d’entreprendre mon stage, j’ai voulu prendre une pause du droit. C’est à ce moment que, j’ai obtenu une bourse pour jeunes diplômés du Ministère des affaires étrangères afin de compléter un stage dans un cabinet d’avocats dans la ville de Mexico et j’ai bondi sur l’occasion ! Je suis ensuite revenue à Montréal où j’y ai pratiqué le droit de l’environnement, des ressources naturelles et de l’énergie, au sein du cabinet d’avocats McCarthy Tétrault pendant 10 ans. Mon conjoint et moi avions déjà discuté de la possibilité d’aller vivre à l’étranger. Lorsque l’opportunité d’aller travailler comme conseillère juridique au sein d’une compagnie minière à Madagascar s’est présentée, j’étais prête pour le défi !

2) Pouvez-vous nous décrire votre pratique au sein de l'industrie minière à Madagascar ?

Ambatovy est un partenariat entre trois actionnaires, Sumitomo Corp. (Japon), Korea Resources Corp. (Corée) et Sherritt International Corp. (Canada), qui est aussi l’opérateur. Il s’agit de l’un des plus gros projets miniers de nickel latéritique au monde, avec un investissement total de plus de 7 milliards de dollars américains. Nos activités sont réparties sur trois sites, dont une mine et une usine/raffinerie à plus de 200 km de distance l’une de l’autre. Nous avons un peu plus de 7000 travailleurs sur nos sites, d’environ 30 nationalités différentes. C’est donc un environnement techniquement et culturellement très diversifié, tout comme ma pratique du droit. En effet, je m’occupe autant de litiges, que de droit foncier, fiscal, commercial ou du travail. Bien entendu, j’ai une équipe de juristes malgaches qui m’assistent pour toutes les questions de droit local. Dans la même journée, je peux réaliser une acquisition de terrain, revoir un contrat de distribution de nos produits sur le marché européen, tenir une assemblée d’actionnaires ou participer à une négociation avec des hauts fonctionnaires de l’État.

Une grande partie de mon travail est par ailleurs liée à la gestion proprement dite. Malgré la taille de l’entreprise, nous sommes une petite équipe de direction et nous travaillons en étroite collaboration pour tout ce qui concerne la gestion des risques et la planification financière et stratégique. Enfin, je consacre également beaucoup de mon temps à la gestion de crises. Lorsqu’on fait affaires dans un pays sous-développé, avec un système de justice inefficace faisant lui-même face à d’énormes défis et un gouvernement parfois instable, il faut être prêt à réagir à tout, très rapidement...

3) Quels défis vous attendent dans vos nouvelles fonctions à La Havane, Cuba ?

Je serai en charge des affaires juridiques pour les activités cubaines de Sherritt, lesquelles incluent une mine de nickel similaire à celle de Madagascar, mais aussi des installations hydro-électriques et gazifières (oil & gas). C’est un nouveau poste dans l’entreprise et il sera important pour moi de bien apprendre à connaitre les opérations ainsi que les différents acteurs avec qui nous travaillons. Comme les activités sont réalisées en partenariat avec le gouvernement cubain, une partie de mon rôle sera lié aux relations gouvernementales. Je vais devoir trouver ma place et m’assurer de bien comprendre les enjeux de l’entreprise. Je m’attends donc à des défis différents de ceux rencontrés à Madagascar, mais tout aussi stimulants ! C’est une période fantastique pour vivre à Cuba, car on peut réellement sentir le vent de changement qui y règne.

4) Quels conseils donneriez-vous à de jeunes juristes souhaitant se lancer dans une carrière similaire à la vôtre ?

Il ne faut pas avoir peur de prendre des risques, quitte à se tromper. Il faut aussi créer ses propres opportunités : apprendre d’autres langues, faire un stage à l’étranger même s’il est peu ou non rémunéré. Avoir de bonnes bases juridiques est aussi important. Lorsqu’on m’a recrutée pour le poste à Madagascar, on m’a dit que le plus important, c’était d’avoir un bon jugement. Je crois que mes 5 années d’études en droit et mes 10 années passées en grand cabinet y ont certainement contribué. Après, il faut simplement avoir confiance en soi et se lancer !
 

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