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Vendredi, 26 Mai 2017 00:19

consumer protection 3Par Jean-Pierre Bernier (Aurora, Ontario)

A strong compliance function cannot counteract a compromised culture.

En novembre 2010, les dirigeants du G20 ont pris l’engagement dans leur Plan d’action de Séoul d’améliorer la protection des consommateurs. Ils ont demandé au Conseil de la stabilité financière de développer, avec d’autres organismes à l’échelle mondiale, des solutions appropriées. Consumers International a rappelé aux membres des Nations Unies que les consommateurs ont le droit d'être traités équitablement.

Dans leur Déclaration finale du Sommet de Cannes en novembre 2011, les dirigeants du G20 ont approuvé une série de principes fondamentaux, notamment le traitement équitable des consommateurs (TEC) et la conduite responsable y afférente. En outre, ils ont déclaré : « Nous chercherons à appliquer pleinement ces principes dans nos pays ».

Aux fins de stimuler la mise en œuvre des principes, les dirigeants du G20 ont endossé le 19 juin 2012 lors du Sommet de Los Cabos au Mexique l’élaboration d'approches efficaces pour mieux gérer le risque d’inconduite. L’attente du G20 (et des consommateurs) est que les banques et les autres institutions financières adoptent le TEC comme partie intégrante de leur culture d'entreprise.

In its December 3rd 2013 Consultation Paper on a new financial consumer protection framework for Canada, the federal government pointed out a major flaw: “The existing consumer protection regime is detailed and prescriptive in nature and does not contain a general expectation for the degree of responsibility financial institutions should have to consumers”.

Many consumers and consumer groups responded positively to the idea of a new framework based on internationally agreed core principles. The Public Interest Advocacy Centre (a) submitted that a set of general principles and specific rules is required to fill in numerous consumer protection gaps in financial services regulation, and (b) suggested that the best way to implement and administer these principles and rules is to create a comprehensive consumer financial code that has the force of law, away from self-regulation.

The Mouvement des caisses Desjardins was also favourable to the adoption of binding principles. It recommended, however, that these principles should be coherent with those of Québec’s Autorité des marchés financiers (AMF). Desjardins wrote: “Rappelons que cette dernière encadre non seulement les pratiques commerciales générales (commercialisation, publicité, etc.), mais plus particulièrement les nouveaux produits, les incitatifs et l’information à l’intention du consommateur”. Today, Québec is the only Canadian jurisdiction to regulate the TEC through financial institutions, both for risk management and consumer protection. However, the Québec regulation does not apply to banks.

C’est le Fonds monétaire international (FMI) qui rend compte des progrès de mise en œuvre du TEC. Dans son rapport sur le secteur bancaire du Canada en mars 2014, le FMI n’a fait que souligner le processus de consultation du gouvernement fédéral. En ce qui concerne le secteur des assurances, le FMI a mis l’accent sur la culture d‘entreprise et a recommandé une cohérence pancanadienne via le CCIR/CCRRA (Canadian Council of Insurance Regulators/Conseil canadien des responsables de la réglementation d’assurance). La province de Québec et le Canada seront évalués à nouveau l’an prochain.

Le 17 juin 2015, le surintendant fédéral soulignait : « In the Twitterverse, the discussion of culture in financial institutions is dominated by concerns about cultures that tolerate misconduct ». Le mois suivant, l’AMF précisait dans sa Présentation des résultats de l’autoévaluation (redressée) des pratiques commerciales par les assureurs, que la gestion des incitatifs est un aspect important à surveiller.

Le Groupe des Trente, constitué de financiers importants, a demandé en juillet 2015 la mise en place d’une réforme soutenue et complète des pratiques commerciales des banques. Il a indiqué : « There must be a sustained focus on conduct and culture by banks and the banking industry, boards, and management...A major sustained improvement in culture can be achieved and secured by focusing on values and conduct that are the building blocks of culture...But banks are still failing in implementation. A comprehensive framework is needed to deliver a more effective set of actions and powerful monitoring ».

In a press communiqué of September 8th 2016 on the sanctioning of a large American bank for breach of its legal duty to act fairly in the interests of its customers (outside of the fiduciary contexts of trust or investment advisory sittings), the Director of the U.S. Consumer Financial Protection Bureau said that “[t]oday’s action should serve notice to the entire industry that financial incentive programs, if not monitored carefully, carry serious risks that can have serious legal consequences”. Apologizing in front of a congressional panel, the bank CEO stated: “I accept full responsibility for all unethical sales practices”. The bank’s code of ethics was clear: “Deal fairly with our customers and conduct business in a responsible manner”. In all, 5,300 bank employees and managers were fired. Governance and culture, not compliance, were the focus of the regulator’s investigation.

Suite à des allégations de manquements à l’éthique par certaines grandes banques canadiennes, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (FCAC), responsable de la conformité des mesures fédérales de protection des consommateurs, a annoncé à son tour en mars 2017 un examen de la conduite des banques, c’est-à-dire de la façon dont une banque interagit avec sa clientèle. Sous l’étiquette « faites confiance, mais vérifiez », il est à espérer que la culture des banques impliquées sera aussi ciblée, car la culture peut appuyer ou entraver la gestion responsable des risques d’inconduite ou d’une « utilisation abusive de services financiers » pour utiliser l’expression du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire efficace.

En effet, la première partie du principe 29 des Principes fondamentaux du Comité de Bâle (trop souvent négligée par les régulateurs en solvabilité, y compris le BSIF) prévoit explicitement que « l’autorité de contrôle établit que les banques disposent de politiques et procédures appropriées, notamment de critères stricts de vigilance à l’égard de la clientèle, garantissant un haut degré d’éthique et de professionnalisme dans le secteur financier ». La deuxième partie porte sur le blanchiment d’argent.

At the end of last year, in response to strong objections from Québec and some senators based on the unanimous decision of Canada’s highest tribunal in the Marcotte case according to which banks are not immune from Québec’s consumer protection rules, the modifications to the Bank Act implementing the TEC obligation and related to business conduct responsibility were removed from the federal budget bill (C-29). This shortsighted removal was detrimental to banking consumers in that it prolonged the status quo. Banks have no TEC responsibility under their governing federal statute, and the relevant Québec regulation has no application to banks. Yet, insurance and trust company subsidiaries of banks doing business in Québec are legally obliged to respect the principle “Treat others as you would wish to be treated”. Moreover, Canadian banks operating south of the border have been subject to the TEC principle since the enactment in 2010 of Title X of the voluminous U.S. Dodd-Frank Act.

Without a TEC obligation in the Bank Act, the FCAC Commissioner (who was recently appointed Chair of FinCoNet, an international organization of supervisory authorities responsible for financial consumer protection in banking and lending), would be severely curtailed in fully protecting financial consumers.

Au Canada, les clients des banques méritent mieux que le statu quo qui est fortement favorisé par l’industrie bancaire canadienne, laquelle déclarait dans son mémoire de février 2014 à Ottawa : « We are concerned about any proposed fundamental shift in policy direction, moving from the current approach where the expectations on banks are clear and implementable to regulating ‘fair treatment of the consumer’ ».

Tout retard dans la mise en œuvre du TEC punit le consommateur en matière bancaire.
 

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