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Me Françoise Wheddon: Avocate en France PDF Imprimer Envoyer
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 AHQ: Comment vous êtes-vous tournée vers la pratique du droit en France?

FW: J’ai en fait débuté mes études de droit en France jusqu’à la maîtrise, pour les poursuivre ensuite à Québec, à l’Université Laval. J’avais donc déjà une connaissance du droit français, ainsi que des contacts sur place.

AHQ: Pourquoi avoir décidé de passer l’examen de contrôle des connaissances de l’ARM France-Québec?

FW: J’étais déjà en France depuis quelques années où je travaillais en tant que traductrice juridique. S’il est possible d’exercer la profession d’avocat étranger en France, la pratique de l’avocat étranger est limitée : il n’est pas possible de plaider, par exemple. Lorsque j’ai eu connaissance de la signature de l’ARM, j’ai pensé que c’était l’occasion d’entrer pleinement dans la profession d’avocat en France, et de pouvoir ainsi faire valoir une appartenance aux deux Barreaux.

AHQ: Comment se déroule l’examen de contrôle des connaissances?

FW: J’ai passé mon examen oral de déontologie à l’HEDAC de Versailles. Deux journées de formation sont organisées une semaine avant l’examen et elles sont très utiles. Je recommande vivement à tous ceux qui veulent passer cet examen d’y participer : les thèmes abordés font vraiment le tour de la question en matière de déontologie.

Ces journées font office de révision, à une semaine de l’échéance, en abordant des aspects généraux mais aussi des points très pratiques. C’est ce dernier aspect qui m’a paru le plus pertinent. Le centre de formation fournit également une liste de livres très utiles afin de préparer l’examen.

En effet, les membres du jury de l’examen (un professeur de droit, un avocat et un magistrat), s’ils posent quelques questions d’ordre général, s’attardent beaucoup sur des situations pratiques très précises qu’un avocat français peut être amené à rencontrer au cours de l’exercice quotidien de sa profession.

Les journées de formation permettent de récolter un grand nombre d’anecdotes et d’exemples mentionnés (et souvent vécus) par les intervenants, de poser des questions pratiques, etc.

L’examen lui-même, d’une durée de 15 minutes, m’a laissé un souvenir mitigé : les membres du jury vérifient en premier lieu votre connaissance d’un ou plusieurs principes de la déontologie, puis passent à des questions de plus en plus précises jusqu’à vous pousser dans vos derniers retranchements!

L’ambiance n’est pas particulièrement chaleureuse. Pour avoir discuté avec d’autres candidats, leur perception de l’examen était la même.

AHQ: Quel est l’apport de votre formation légale au Québec à votre pratique en France?

FW: J’ai trouvé la formation universitaire à l’Université Laval et à l’école du Barreau de Québec plus axée sur la pratique qu’en France, ce qui m’a aidé à aborder efficacement les dossiers lors de mon intégration dans le cabinet d’avocats ANTELIS (www.antelis. com), ayant des bureaux à Paris, Lyon et Nantes (ainsi qu’une antenne à Madrid).

Mes années d’exercice au sein du bureau Heenan Blaikie Aubut à Québec m’ont également beaucoup aidé car la pratique du droit civil en France s’apparente beaucoup à celle que j’avais connu dans ce bureau.

AHQ: Quel est le plus grand changement que vous avez constaté au cours de votre pratique à Nantes?

FW: Les procédures judiciaires sont beaucoup plus longues. Il n’est pas rare qu’une procédure en divorce dure plusieurs années et les tribunaux sont vraiment surchargés!

L’interrogatoire préalable n’existe pas en France et les personnes physiques ne se déplacent pas pour témoigner dans un dossier civil classique. Seuls les avocats plaident et déposent ensuite un dossier de plaidoirie pour le Juge. La procédure est donc beaucoup plus écrite et les audiences moins animées, mais moins longues!

Les relations entre avocats sont également différentes, plus formelles.

AHQ: Qu’est-ce qui vous manque le plus au Québec?

FW: La simplicité des relations entre avocats, et entre avocats et juges : je trouve que les avocats français, notamment ceux qui pratiquent en droit de la famille, sont assez agressifs entre eux. Le personnel des tribunaux est également plus « facile d’accès » au Québec.

 

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