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La relève: Philippe Bouchard, avocat à Paris PDF Imprimer Envoyer
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1. Pourquoi faire votre stage en France ?

Mon profond désir de vivre une expérience professionnelle à l’étranger. Suite à la réussite de mes examens de l’école du Barreau du Québec en décembre 2008, je me suis inscrit au D.E.S.S. de common law à l’Université de Montréal.

La faculté de droit de l’Université de Montréal possédait alors une entente avec la banque française Société Générale permettant annuellement à quelques étudiants de 2e cycle d’effectuer un stage au sein du service juridique de la banque à Paris. Souhaitant prolonger mon séjour à l’étranger suite à mon passage à la Société Générale, j’ai alors pris l’initiative de faire parvenir mon curriculum vitae à certains avocats membres du Barreau du Québec exerçant à Paris.

Suite à des entretiens avec Maîtres Philippe Lette et Eléonore Lette, tous deux avocats aux Barreaux du Québec et de Paris, j’ai eu l’honneur de recevoir une offre de stage de la part de leur cabinet, Lette Lette & Partners.

2. Comment est la vie d’un avocat québécois à Paris? Et quelles sont les opportunités pour les avocats québécois de pratiquer en France ?

Bien que les deux juridictions soient de tradition civiliste, il existe d’énormes différences entre le droit québécois et le droit français. Ainsi, il serait faux de prétendre qu’un avocat québécois peut facilement débuter une carrière en France sans avoir, au préalable, acquis certaines connaissances de droit français relatives au domaine dans lequel il entend pratiquer.

Cela dit, les connaissances des différents systèmes de droit peuvent toujours s’acquérir. Ce qui importe, ce sont les réflexes de recherche et d’analyse juridique, ainsi que l’accès à des juristes plus expérimentés.

3. Comment décrivez-vous votre travail chez Lette Lette & Partners ?

C’est une étude multidisciplinaire dont les principaux champs de pratique sont la fiscalité patrimoniale et le droit international privé. Je suis souvent appelé à analyser des questions juridiques de droit québécois, canadien, mais aussi des questions portant sur le droit français, le droit suisse, et le droit issu d’autres juridictions.

L’étude Lette Lette & Partners nous encourage à acquérir et développer nos connaissances et habiletés dans divers domaines du droit n’étant pas nécessairement connexes, y compris en matière transnationale.

4. Selon vous, quelles sont les opportunités pour les avocats québécois désirant travailler en France ? Quel est votre opinion sur la nouvelle entente de mobilité entre le Barreau du Québec et le Conseil National des Barreaux ?

Il me paraît juste d’estimer que l’Arrangement de Reconnaissance Mutuelle (ARM) favorisera la mobilité de la main-d’œuvre juridique entre le Québec et la France. Par ailleurs, il existe déjà une communauté juridique québécoise importante en France et elle ne cesse de s’élargir. Cette communauté se compose surtout d’avocats travaillant au sein des cabinets privés ou en entreprise en qualité de « juristes ».

Certains cabinets canadiens tels que Fasken Martineau et Heenan Blaikie se sont implantés en France au cours des dernières années avec succès. Dans cette optique, envisager une carrière internationale au sein d’un cabinet privé sera de plus en plus accessible pour le juriste québécois.

5. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes avocats désirant faire carrière à l’étranger ?

Selon moi, les jeunes étudiants en droit ou avocats souhaitant faire carrière à l’étranger se doivent d’acquérir des compétences techniques additionnelles dans le domaine du droit qui les intéresse, que ce soit par le biais d’études supérieures ou de stages à l’étranger. L’obtention d’une maîtrise ayant un aspect de droit comparé ou international permet au juriste québécois de se démarquer, surtout si ces études peuvent être effectuées en dehors du Québec.

Cela dit, l’étudiant en droit ou l’avocat qui souhaite faire carrière à l’étranger se devra, à un certain point, de développer un réseau de contacts à l’extérieur du Québec. Les avocats québécois sont présents dans des nombreux pays. Ceux-ci peuvent aider ou conseiller leurs plus jeunes confrères, dont je fais toujours partie, dans leurs démarches.

 

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