Bannière
AHQ Nouvelles-News RSS
Pourquoi la Chine? Imprimer Envoyer
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Originaire de Montréal et membre des Barreaux du Québec et de New York, Me Arslanian pratique le droit à Hong Kong. Il est le président de la China Business Committee de la Chambre de commerce canadienne à Hong Kong et enseigne le droit chinois à l’Université de Sherbrooke


Par pur hasard! Ayant complété mes examens du Barreau, j’avais décidé de poursuivre des études supérieures à Londres. Cependant, la veille de la date d’envoi de ma demande d’admission, j’ai vu un reportage à Radio-Canada qui décrivait le miracle économique chinois. Sur un coup de tête, j’ai décidé d’aller en Chine. Le lendemain, j’achetais mon premier dictionnaire chinois. Quelques semaines plus tard, j’arrivais à Beijing avec mon sac à dos et m’inscrivais à un programme de mandarin intensif de 3 mois, avant de compléter une maîtrise en droit chinois à l’Université Tsinghua de Beijing. Apprendre le chinois n’était pas facile. Je n’allais pas me coucher avant d’avoir appris 50 nouveaux mots et caractères par jour. Trois mois plus tard, je pouvais avoir des conversations ordinaires. Depuis, je n’ai jamais arrêté les cours de chinois… Ironiquement, j’ai rencontré au cours des années quelques-uns des individus qui apparaissaient dans le documentaire de Radio-Canada et je leur ai fait part à chaque fois de l’impact qu’ils ont eu involontairement sur ma carrière et ma vie.

Comment en es-tu venu à travailler comme avocat étranger en Chine? 

Une fois mon diplôme de maîtrise en droit chinois obtenu, je suis retourné à Montréal pour effectuer mon stage de formation professionnelle chez Fasken Martineau. Garder le contact avec la Chine n’était pas très facile. Cependant, je savais que j’allais y retourner un jour ou l’autre. Je poursuivais mon apprentissage du mandarin par moi-même. Je m’impliquais activement dans certains cercles d’affaires et  organisations axés sur la Chine. Par exemple, j’étais le Président de la Québec-China Law and Business Association et donnais des conférences sur la Chine. Je suis donc revenu en Chine à la première occasion, à Hong Kong cette fois, pour travailler dans un cabinet boutique spécialisé sur les fonds d’investissements (hedge funds et private equity funds) qui procèdent à des investissements en Chine et en Asie.

Quelle est la réaction des gens lorsqu’ils apprennent que tu travailles maintenant en Chine? C’est incroyable à quel point l’opinion des Québécois à l’égard de la Chine a changé, surtout après les jeux olympiques. Je me rappelle qu’il y a quelques années, les gens se moquaient de moi quand je leurs disais que j’allais étudier, travailler et vivre en Chine! Je me rappelle d’avoir rencontré une amie d’enfance au Québec. Lorsque je lui ai annoncé que j’avais décidé d’aller vivre en Chine, elle s’est moquée de moi en me disant que j’étais complètement fou et  que Montréal regorgeait de restaurants chinois… Par pur hasard, je l’ai revue quelques années plus tard à Montréal et elle m’a annoncé qu’elle avait commencé à suivre des cours de chinois et qu’elle planifiait un séjour d’études en Chine.

Comment est la vie d’un avocat québécois à Hong Kong?

Malgré le retour de Hong Kong à la Chine en 1997, Hong Kong demeure toujours un endroit spécial. J’ai toujours comparé la vie à Hong Kong à du Coke Diète: le même goût, mais sans les calories! Par exemple, nous avons tous les avantages de la Chine continentale, mais sans les inconvénients comme la censure ou la pollution!  Hong Kong est un centre financier international et par conséquent le rythme de vie y est assez rapide.

Les heures de bureau sont longues et le travail est exigeant. Par contre, la proximité de nombreuses plages, la possibilité de pratiquer les sports nautiques ou de voyager dans d’autres pays de la région agrémentent la vie à Hong-Kong. De plus, nous y retrouvons de nombreuses ligues de hockey… et même de la poutine! Il ne faut pas oublier qu’il y a 250 000 détenteurs de passeports canadiens à Hong Kong, ce qui fait d’elle une des plus grandes villes canadiennes. À titre de comparaison, il y a plus de canadiens à Hong Kong qu’à Sherbrooke! Il y a aussi à Hong Kong plus de 100 000 gradués d’universités canadiennes et 28 associations d’anciens d’universités canadiennes.

Y a-t-il beaucoup d’avocats étrangers en Chine et quelles sont les opportunités pour les avocats québécois qui seraient intéressés à y travailler?

Il existe  de nombreuses opportunités pour les avocats québécois en Chine, que ce soit pour y travailler ou pour y développer des affaires. Il y a déjà une trentaine d’avocats québécois en Chine. Certains travaillent dans des cabinets internationaux, beaucoup font du droit de l’immigration, d’autres sont dans les corps diplomatiques ou travaillent pour des entreprises canadiennes.  
Par contre, il peut être relativement difficile pour un jeune avocat québécois de pratiquer en Chine car, à moins  d’avoir de l’expérience dans un champ de spécialité en demande et de parler mandarin.

Par ailleurs, la plupart des bureaux d’avocats canadiens qui avaient des bureaux en Chine n’y sont plus présents. Cela étant dit, beaucoup d’entreprises chinoises se tournent actuellement vers les marchés étrangers, incluant le Canada, que se soit pour acquérir des technologies de pointe ou mettre la main sur des ressources naturelles. Ces entreprises ont souvent besoin d’avocats canadiens pour les représenter.

Finalement, les opportunités sont nombreuses pour les avocats désirant faire le saut dans le monde des affaires ou œuvrant dans les domaines en plein essor, tels que l’industrie des énergies renouvelables ou celui de la santé.

Peux-tu brièvement décrire les caractéristiques du système de droit en place.
Le système juridique en Chine est assez intéressant. À cause de son passé colonial, Hong Kong est une juridiction de Common Law et le système y est calqué sur le modèle anglais. Les juges portent même encore des perruques!

Par contre, la Chine continentale a un système de droit civil basé principalement sur le droit civil allemand.

Finalement, de nombreuses lois relativement au droit des affaires comme les lois sur les valeurs mobilières sont inspirées fortement du droit américain.

Les bureaux d'avocats étrangers peuvent-ils ouvrir des bureaux en Chine?

La plupart des grands bureaux internationaux sont présents en Chine via des bureaux de représentation. Ils ne peuvent pas émettre d’opinions juridiques sur le droit chinois et vont ainsi souvent travailler avec des cabinets chinois. Par contre, les cabinets chinois deviennent de plus en plus sophistiqués et de plus en plus d’entreprises étrangères font affaires directement avec eux. Les avocats chinois décidant de revenir travailler en Chine pour profiter du boom chinois après des études supérieures aux Etats-Unis ou en Europe et une expérience de travail à Londres ou à New York sont nombreux.

 

Retour
Copyright © 2018. Tout droits réservés - All Rights Reserved - Association des Avocats Hors Québec (AHQ)